Il y a très longtemps, à la place du lac d’Engolasters, il y avait un village du même nom. Mais un jour, il disparu et ceci d’une manière très particulière…
En ces temps reculés, dans le village d’Engolasters, vivait une femme.
Tôt ce matin là , elle travaillait dans sa cuisine à la fabrication d’un bon pain.
La pièce était chaude et la sueur perlez de son front. Aussi avait-elle un instant plus tôt, ouvert en grand la porte donnant sur l’extérieur.
Son pain prêt, elle enfourna.
Et c’est seulement en se retournant, qu’elle vit un pauvre homme sale et en guenilles qui se tenait dans l’embrasure de sa porte.
« Pour l’amour de Dieu » dit l’homme dont la voix était affaiblie par la faim, « donne moi un morceau de pain».
En émettant un petit rire, la femme lui répondit : « Dieu ne doit pas être avec toi aujourd’hui, car je viens juste de mettre un pain au four et il ne me reste rien d’hier ».
« Je vous crois, » répondit le pauvre homme, « mais prend les morceaux qu’il reste de ta pâte et fais moi un petit pain, Dieu te le revaudra, soit en sûre ! ».
Avec un haussement d’épaules, la femme fit ce qu’il lui demandait, et à sa grande surprise, elle obtient un pain aussi grand que le premier.
Une bonne odeur de pain chaud remplissait la maison en chatouillant les narines du chrétien en haillons.
En voyant le pain, la femme se renfrogna et dit : « Brave homme, ce pain ne peut-être pour toi. Quand il sortira, il sera aussi grand que le premier, je ne peux te le donner. »
« Très bien,… garde ton pain ! » dit le pauvre, « Mais prend le restant de pâte et fais moi un petit pain. »
La femme fit de nouveau ce qu’il lui demandait, et lui promit le petit pain, tout en pensant qu’il serait vraiment petit, aux vues des rares morceaux de pâte. A sa stupéfaction, le petit pain qu’elle sortit était beaucoup plus grand qu’elle ne s’y attendait. Bien trop gros pour qu’elle veuille le donner à un pauvre diable. Elle lui refusa donc pour la deuxième fois le pain.
Le mendiant avait faim et s’obstina. « Très bien, garde le second pain que tu m’avez promis, mais recueille la poussière de farine sur ta table et fais moi un tout petit pain. Pour ce tout petit pain Notre Seigneur t’en sera reconnaissant. »
La femme le fit, et sans avoir la moindre idée de ce qui se passait, elle vit la poussière des grains de farine grandir et gonfler comme si une main invisible l’avait bénie, et elle se retrouva avec un pain plus grand et plus beau que tous les autres.
De l’embrasure de la porte, le pauvre demanda humblement : « Est-ce que celui-ci et pour moi ? » Poussée par les démons de l’avarice qui lui murmuraient : « Peux-tu vraiment donner à ce crève la faim, à ce bon à rien, un pain qui de loin surpasse tous les autres ? », la femme refusa catégoriquement de le lui donner et voulu le chasser.
Mais le mendiant n’était plus là .
Ne s’étant pas encore remis de sa surprise, elle entendit un énorme coup de tonnerre et sentit la terre trembler. Et vit par l’embrasure de la porte, une immense vague venant du fond de la vallée qui l’engloutit.
Tout le village le fut, et l’on peut y voir maintenant un lac : le lac d’Engolasters. Il est dit, que les jours de grand orage, les personnes se trouvant autour du lac, entendent une voix qui susurre , « Montrez-vous bons, montrez-vous bons avec le pauvre du Christ ! »